| M A R I O N | T I V I T A L |
TEXTES |
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| Les usines ont une
mystérieuse présence. Marion TIVITAL |
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Mystérieuses
présences Pierre Souchaud |
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Au loin , sur la ligne
de demarcation entre le ciel et la terre, emergent des silos,des cuves,des
éoliennes, des hangars. Tout autour l industrie semble avoir fait
place nette.Pas âme qui vive, pas une silhouette à l horizon.Un
panache de fumée sortant des hautes cheminées d usine trahit
la presence des hommes et l activité incessante des lieux. Ludovic Duhamel (Miroir de l’art) |
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Les grandes masses abstraites des friches derrière un brouillard plastique se confondent avec l’épaisseur du ciel ou la nature désolée. Il y a un peu du « Désert rouge » d’Antonioni dans cette façon de mêler l’industrie et la nature. Les couleurs de ces cubes géants mais lointains rappelleraient presque aussi les dessins animés de Miyasaki avec ses monstres polluants ou les légos de notre enfance. Une drôle de fascination, ambivalente, ludique et un rien mélancolique. Libé lyon du 14 03 2009 |
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«C’est un grand terrain de nulle part…» Comme Bashung, la peintre Marion Tivital (49 ans, vivant à Paris), parcourt, mais des yeux, ces no man’s land contemporains, ces sites industriels qui, vus sous un certain angle et à une certaine distance, ressemblent à des legos. Elle apprécie en particulier les ports industriels, les docks, les containers, les palettes, les raffineries, les déchetteries, les usines modernes… Elle en fait des pochades ou des croquis sur place, prend des photographies, puis «travaille à l’atelier en reprenant plusieurs fois ses toiles, en passant une multitudes de couches de peinture, en simplifiant le motif pour en retirer l’essentiel, en gommant ses aspects utilitaires et durs». Et ce parfois jusqu’à l’abstraction : toute une partie très touchante de l’exposition représente des espaces industriels vidés de toute présence humaine, réduits à quelques parallélépipèdes de couleurs aux lignes flottantes plongés dans des camaïeux de gris. Fantômes tremblants, émouvants et un peu inquiétants. «J’aime bien peindre des choses ingrates", ajoute l’artiste, "et dénicher la beauté là où elle n’est pas évidente. J’éprouve un plaisir sensuel à peindre cela, à m’employer aussi à composer des masses, des plans… Les lumières grises sont aussi très importantes». Les œuvres de Marion Tivital sont simples, lourdes de mystère, silencieuses, un brin mélancoliques. L’artiste parvient à y faire se rencontrer préoccupations plastiques et formelles et sensations ambivalentes vis-à-vis de ces paysages à la fois inhumains et sidérants. Jean-Emmanuel Denave |
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Marion Tivital présente
à la galerie Souchaud d'étonnants « paysages industriels
». Mystérieusement attirée par les friches et les
usines, l'artiste croque ou photographie des docks, des raffineries, des
déchetteries. Par la suite, dans son atelier, elle compose de petites
toiles vidées de toute présence humaine, simplifiant la
représentation des bâtiments ou des containers, jusqu'à
n'en garder que des formes géométriques quasiment abstraites,
parallélépipèdes de couleurs baignant dans une inquiétante
lumière grise. Fabien Giacomelli |
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Marion Tivital ou les envoûtements de l'étendue Dans sa création enchantée, dans les paysages d’une modernité enfin habitable, Marion Tivital fait respirer l’étendue. A coups de fabuleux vertiges d’espace. A coups retenus de formes adoucies, et de chromatique assourdie et délicate. De mystères latents et d’insaisissables surgissements. On voit au loin, au bord de l’horizon, des blocs d’architecture industrielle, déserts et désertés. Rien ne se passe plus. Tout est passé au profond. Tous les dehors aigus du monde ont disparu. Profondeur enfoncée dans la profondeur.... L’univers subtil de Marion Tivital prend sa source dans les marques souterraines du dedans. Et dans l’ivresse éternisée de l’immobile, nature et industrie fusionnées vivent les secrets de l’impossible plénitude. Christian Noorbergen |
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Est ce par réminiscence,
parce que j’ai vécu ma prime enfance dans les régions
minieres belges, où la sidérurgie maintenant exhangue, a presque
disparu, que j’ai été immédiatement en résonance,
en pays connu, en découvrant les oeuvres de Marion Tivital? Au premier regard, j’ai immédiatement retrouvé et ressenti le climat si particulier des friches industrielles souvent dénigrées par ceux qui n’y voient que monotonie, laideur des constructions humaines à l’abandon, polluant un paysage banal et sans intérêt. Il y a peu de temps encore, j’essayai de persuader des amis sur la beauté mystérieuse des paysages industrialisés à outrance du Borinage ou de la vallée de la Sambre, façonnés par tous ces hommes qui y travaillaient. Ces peintures valent tous les discours et racontent par un effet de trompe-l’oeil, tout le vécu contenu dans ces usines, plantées dans un paysage silencieux, comme des gardiens de la mémoire, de l’histoire de la révolution industrielle. C’est avec une émotion primale que j’ai retrouvé la mélancolie des ciels bas, déchirés par les fumées lourdes des cheminées, la puissance émanant des carcasses vides des hauts fourneaux, des laminoirs et des usines chimiques aux torchères, autrefois éternellement allumées. Souvent inutiles, ces masses géantes, présentes depuis si longtemps, semblent avoir toujours fait partie du paysage. On peut passer sans les voir, les ignorer, les renier même et c’est grace à toute sa sensibilité que l’artiste fait ressurgir la poésie impalpable qui émane de ces sites industriels ayant tout à raconter. Regardez les : maintenant silencieux, ils s’imposent dans le paysage, en sont le relief: ils s’intègrent dans celui ci à en devenir des structures futuristes quasi abstraites, accrochant la lumiere brumeuse du ciel aux eaux sombres d’un canal, d’un bras de l’Escault. Regardez ces hangars, ces silos, ces cuves immenses; la lumiere qui les habite, fait ressurgir dans leur reflet , la mémoire de leur passé; comme dans un raisonnement par l’absurde, les glacis vides s’emplissent de toute leur vie antérieure. Regardez ces paysages urbains, ils semblent inhabités, mais la force de la composition, le travail de mise en lumiere les animent et c’est comme si des traces imperceptibles nous guidaient pour retrouver, imaginer , l’activité humaine absente. Regardez le calme serein qui se dégage de l’harmonie des intérieurs; en jouant des perspectives conduisant à l’ouverture éclairée, dans la transparence de l’air, c’est un lieu intime, receptacle de nos émotions. Je vous l’ai conseillé maintes fois : ne vous arrêtez pas aux apparences guidées par un esprit cartésien. Mettez vous en “vision flottante” et envahis par vos émotions, retrouvez l’énergie qui se dégage de ces gris lumineux et colorés, ces bleus profonds et lourds, plongez dans la géométrie incertaine, les contours brumeux, permetttant de s’affranchir du réel, pour retrouver votre monde sensible intérieur. Le travail de Marion Tivital s’évertue à vous faire redécouvrir la beauté du banal, retrouver l’impalpable qui transparait de ces formes colorées, habitées de leur passé. Sa peinture est faite avant tout de formes, de couleurs en un certain ordre assemblés; tout est dans la proportion, l’accord absolu de la forme et du contenu. Mais il n’y a que l’émotion qui s’en émane qui compte, pour libérer l’intériorité personnelle de chacun. Laissez vous envahir par la puissance de ces oeuvres…. Daniel Pircart ,Directeur de “La Laverie”, La Ferté Bernard |